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Dichiarazione congiunta Sarkozy – Merkel

DÉCLARATION CONJOINTE

DE M. NICOLAS SARKOZY

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

ET DE MME ANGELA MERKEL

CHANCELIÈRE DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE D’ALLEMAGNE

Bruxelles — Vendredi 4 février 2011

MME ANGELA MERKEL – Mesdames, Messieurs, en notre qualité de Chancelière allemande et de Président de la République française, nous voulons brièvement vous exposer ce que nous allons proposer à nos collègues au cours du déjeuner. Nous sommes tous d’accord pour dire que l’année 2010 a été une année mouvementée pour l’euro. L’Allemagne et la France sont absolument résolues à ce que l’année 2011 soit l’année de la confiance retrouvée dans l’euro.

Autrement dit, la France et l’Allemagne vont montrer clairement que nous défendons l’euro, non seulement en tant que monnaie, cela va de soi, mais parce que l’euro est également un projet politique. Cela veut dire qu’outre les mesures de solidarité que nous avons engagées en 2010, par exemple à travers le fonds, le FESF qui prévoient un certain nombre de garanties, outre un mécanisme permanent de gestion de crise, nous voulons montrer clairement que sur le plan politique, en tant qu’Union européenne, mais également en tant que pays membres de l’Euro, nous voulons converger, nous voulons nous rapprocher. Cela suppose une coopération économique plus étroite.

Quel doit-être le critère de cette coopération économique ? C’est d’assurer la prospérité des hommes et des femmes de nos pays, cela veut dire que nous devons accroître notre compétitivité commune. Et le critère qui doit être le nôtre doit être l’Etat membre qui répond au mieux les conditions. Autrement dit nous voulons conclure un pacte de compétitivité et montrer clairement que notre coopération politique devient de plus en plus étroite.

Alors, cela ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir de compétition entre les Etats membres pour trouver la meilleure solution, mais cela veut dire que nous voulons nous axer sur les meilleures solutions, sur les meilleurs projets.

Ce pacte de compétitivité nous allons l’élaborer et nous allons demander au Président du Conseil européen d’inviter les Etats membres de la zone Euro, pour préparer un tel pacte et ensuite nous allons inviter d’autres collègues, d’autres pays à participer à ce pacte s’ils le souhaitent.

Le calendrier est un petit peu le suivant : c’est-à-dire au Conseil de mars, les décisions définitives seront prises. Donc, avant le Conseil de mars, nous devrons, au sein de l’Eurogroupe nous mettre d’accord sur un tel pacte et sur la forme qu’il doit prendre.

A mon avis, l’objectif c’est que pendant une année nous puissions démontrer à travers des points très concrets, que nous sommes extrêmement sérieux quant à un tel pacte, qu’il ne s’agit pas ici de paroles, il s’agit d’actes, il s’agit de montrer que l’Europe a l’ambition d’être un continent compétitif dans l’intérêt des hommes et des femmes de nos pays.

LE PRESIDENT — Inutile de vous dire que je partage pleinement ce que vient de dire la Chancelière Merkel dans sa déclaration. Il se trouve que nous travaillons ensemble, l’Allemagne et la France, main dans la main, avec une volonté absolue de soutenir l’euro, de défendre l’euro que nous considérons comme un élément majeur de la construction européenne. Nous voulons renforcer la compétitivité de l’Europe et de son économie, nous voulons faire converger les différentes économies européennes et nous avons renforcé notre discussion encore ces dernières semaines ; nous sommes donc d’accord sur un plan structurel pour apporter la réponse aux défis que connait l’Europe.

Cette réponse et ces mesures structurelles, en vérité, tirent la conclusion de ce que nous avons connu dans un passé récent où il nous a fallu additionner des mesures urgentes pour faire face à des situations d’urgence. Ces mesures d’ailleurs, pour l’essentiel, se sont révélées efficaces tant pour la Grèce que pour l’Irlande, que pour le Portugal.

Nous voulons, avec l’Allemagne, passer à une nouvelle étape, apporter une réponse structurelle. Cette réponse, c’est donc une intégration plus forte de la politique économique au service d’un objectif : renforcer la compétitivité de nos économies. C’est la raison pour laquelle nous allons ensemble exposer à nos partenaires, lors du déjeuner, le détail de ce que nous voulons voir adopter au mois de mars au cours d’un sommet de la zone euro qui se tiendra donc en mars — dont nous demandons la tenue en mars –, de façon à ce que l’ensemble des observateurs du monde entier comprennent que les économies européennes vont dans le sens de la convergence avec le souci de la compétitivité. C’est donc un axe entre l’Allemagne et la France extrêmement fort, au service d’une ambition européenne structurelle qui nous permet de répondre aux défis auxquels l’ensemble de nos économies sont confrontées.

Voilà, nous allons donc exposer ceci à nos partenaires et nous aurons les décisions au mois de mars prochain, au cours, d’abord, d’un sommet de la zone euro, puis d’un Conseil européen.

Je vous remercie